Bordant la côte ouest de la Thaïlande, de la frontière birmane jusqu’à la Malaisie, la mer d’Andaman concentre l’imagerie classique du voyage tropical : pitons karstiques plongeant dans une eau émeraude, longues barques en bois et récifs coralliens.
Mais cette mer bordière de l’océan Indien est aussi le théâtre de contrastes extrêmes, où des pôles frappés par le surtourisme cohabitent avec des parcs marins ultra-protégés et des îles sans la moindre route asphaltée.
Construire son itinéraire implique de trancher entre la facilité logistique des grandes baies et la rudesse relative des archipels du sud. Ce guide décrypte les différentes zones pour aligner la destination sur tes attentes réelles.
Comprendre la géographie de la côte ouest
Si la mer d’Andaman touche également l’Inde avec les îles Andaman-et-Nicobar, la Birmanie et l’Indonésie du côté de Sumatra, c’est son littoral thaïlandais qui attire l’essentiel de l’attention touristique. Les côtes sont découpées, bordées de mangroves et d’herbiers marins cruciaux pour la biodiversité, mais directement exposées à la houle du sud-ouest pendant la mousson : c’est toute la différence avec la côte du golfe, et c’est ce qui commande le calendrier de la région.
Le point d’ancrage naturel divise la zone en trois secteurs distincts : le nord et ses sanctuaires pélagiques autour de Ranong et Khao Lak, le centre névralgique proche de la baie de Phang Nga incluant Phuket, Krabi et Phi Phi, et le grand sud menant vers la frontière malaisienne avec Trang et Satun, historiquement beaucoup plus confidentiel.
Où poser son sac ? Le grand tri des îles thaïlandaises

- Terracotta : forte fréquentation et accès facile. Phuket, Krabi, Koh Phi Phi.
- Gris-vert : le bon équilibre entre confort et tranquillité. Koh Yao Noi et Yai, Koh Lanta.
- Vert profond : îles préservées et parcs marins protégés. Koh Ngai, Koh Kradan, Koh Muk, Koh Lipe, Similan et Surin.

Quelle est la plus belle île de la mer d’Andaman ?
Pour la carte postale brute, Koh Kradan, au large de Trang : pas de route, du corail accessible depuis la plage. Pour un séjour complet sans sacrifier le confort, Koh Lanta reste le meilleur équilibre. Et pour le calme à moins d’une heure de Phuket, Koh Yao Noi. Phi Phi est la plus spectaculaire, et la plus saturée.
L’épicentre logistique : Phuket, Krabi et Koh Phi Phi

C’est la porte d’entrée par défaut, desservie par d’importants aéroports internationaux. L’infrastructure y est irréprochable, l’offre hôtelière pléthorique, et les paysages de la baie de Phang Nga grandioses. La contrepartie est une sur-fréquentation chronique en haute saison.
Ces zones conviennent idéalement à ceux qui recherchent de l’animation nocturne, un grand confort matériel, des excursions organisées à la journée ou un point de chute luxueux, mais risquent de décevoir les voyageurs en quête d’authenticité isolée.
Deux contraintes à intégrer avant de bloquer des dates. L’entrée du parc national de Phi Phi coûte 400 bahts par adulte étranger et 200 bahts par enfant, en général déjà inclus dans le prix d’une excursion à la journée. Et Maya Bay, la baie qui fait la réputation de l’archipel, ferme chaque année du 1er août au 30 septembre pour réhabilitation : les tours continuent de circuler, mais sans y entrer. Tarifs et dates relevés en août 2026, à revérifier auprès du Département des Parcs Nationaux avant de réserver.
Le compromis idéal : Koh Lanta et les Koh Yao

Accessibles rapidement depuis Phuket ou Krabi, Koh Yao Noi et Koh Yao Yai conservent une atmosphère résolument rurale, rythmée par les villages de pêcheurs et la culture de l’hévéa. Pas de tourisme de masse ici, mais des routes tranquilles à parcourir en scooter dans un cadre préservé.
Plus au sud, Koh Lanta offre un excellent équilibre. Suffisamment vaste pour diluer la foule, elle attire un public mixte de familles, de nomades numériques et de voyageurs au long cours grâce à ses grandes plages de la côte ouest et son ambiance très décontractée.
Le sud lointain et les îles sans voitures

Au large de la province de Trang et jusqu’à Satun s’égrènent des îles de taille modeste, où les routes cèdent la place aux sentiers de sable. Des pépites comme Koh Ngai, Koh Kradan ou Koh Muk offrent des séjours tournés vers la déconnexion, l’observation des varans et le snorkeling directement depuis la plage.
Plus au sud encore, le parc national maritime de Tarutao et l’île de Koh Lipe proposent des eaux parmi les plus cristallines de la région. Prudence cependant : Koh Lipe fait face à des défis importants de gestion des déchets, d’approvisionnement en eau et d’érosion côtière liés à son développement ultra-rapide. Les voyageurs doivent être conscients que l’empreinte environnementale y est une préoccupation majeure.
Sanctuaires marins : l’enjeu de la plongée aux Similan et Surin

La réputation mondiale des fonds de la mer d’Andaman repose largement sur ces deux archipels situés au large de Khao Lak. Protégés par un statut de parc national strict, ils abritent une faune pélagique spectaculaire, avec des passages de raies mantas et, plus rarement, de requins-baleines.
L’accès y est très réglementé pour limiter la pression humaine sur les écosystèmes, encore convalescents après plusieurs épisodes de blanchissement corallien et le tsunami dévastateur de 2004.
- Fermeture annuelle stricte : la fermeture saisonnière des parcs nationaux thaïlandais est dynamique et décidée par le Département des Parcs Nationaux (DNP). La règle générale va de mi-mai à mi-octobre, et pour 2026 la fermeture est tombée le 15 mai, avec une réouverture annoncée au 15 octobre. Certaines zones peuvent ouvrir plus tôt ou fermer plus tard selon les conditions météorologiques annuelles.
- Tarifs et horaires : comptez 500 bahts par adulte étranger et 250 bahts par enfant de 3 à 14 ans pour l’entrée du parc, avec une visite autorisée de 8 h à 16 h. Tarifs relevés en août 2026, susceptibles d’évoluer : à revérifier auprès du DNP.
- Logistique d’exploration : l’immersion s’envisage idéalement en croisière plongée de plusieurs jours plutôt qu’en épuisantes excursions à la journée.
- Niveau d’exigence : certains sites exposés aux forts courants nécessitent un niveau de plongée avancé avec un brevet Advanced Open Water fortement recommandé.
Navigation et island hopping : comment organiser ses transferts
Le passage d’une île à l’autre est une institution en mer d’Andaman. Le réseau de liaisons maritimes est extrêmement dense. Cependant, bien que ce réseau soit développé, de nombreux trajets inter-îles imposent souvent un transit par les ports continentaux, comme Pak Bara ou Rassada Pier, notamment entre le sud de Trang et Phuket. Les connexions directes entre archipels distants sont moins systématiques que l’on pourrait le croire.
| Type d’embarcation | Avantages | Inconvénients | Usage idéal |
|---|---|---|---|
| Longtail boat (bateau traditionnel) | Authentique, privatisable facilement, permet l’accès aux eaux très peu profondes | Moteur bruyant, allure lente, inconfortable si la mer est agitée | Petits trajets entre îles voisines ou accès aux plages isolées sans route |
| Speedboat (hors-bord) | Extrêmement rapide, nombreuses liaisons directes entre les îles éloignées | Tape fortement sur les vagues (déconseillé aux dos fragiles), prix plus onéreux | Longs transferts pour optimiser son temps de voyage (ex: Phuket, Koh Lanta) |
| Ferry classique | Tarifs économiques, très stable face à la houle, pont extérieur agréable | Temps de trajet plus long, contraint par des horaires fixes et moins de rotations | Voyageurs avec un budget serré ou particulièrement sujets au mal de mer |
Saisons et moussons : un calendrier intraitable
Contrairement au golfe de Thaïlande sur la côte est qui bénéficie d’un microclimat, la côte Andaman subit la mousson venue de l’océan Indien de plein fouet. Choisir ses dates de séjour n’est pas qu’une question d’ensoleillement, c’est une contrainte absolue de sécurité et de logistique.
- Saison sèche de novembre à avril : mer d’huile, visibilité sous-marine optimale, vent faible et températures clémentes. C’est la fenêtre idéale pour naviguer. Note bien que des variations liées au dérèglement climatique peuvent écourter ou retarder la saison sèche, même si elle correspond encore au pic d’affluence touristique et aux prix les plus élevés.
- Saison de la mousson de mai à fin octobre : forte houle, mer dangereuse et averses intenses. Durant cette période, la fréquence des liaisons maritimes est fortement réduite et sujette à annulation en temps réel en fonction de l’état de la mer. Il est impératif de consulter les opérateurs locaux 24 heures avant le départ. Les petites îles du sud se vident, et l’eau perd de sa clarté à cause des sédiments brassés par les courants.
Golfe de Thaïlande ou mer d’Andaman : quelle côte choisir ?
De novembre à avril, choisis la mer d’Andaman : c’est sa saison sèche, mer calme et visibilité maximale. De mai à octobre, bascule sur le golfe de Thaïlande (Koh Samui, Koh Tao, Koh Phangan), qui suit un calendrier décalé et reste praticable quand la côte ouest ferme ses parcs marins. Les deux côtes ne sont jamais au mieux en même temps.
Quelle est la température de l’eau de la mer d’Andaman ?
L’eau se baigne toute l’année : elle tourne autour de 26 à 28 °C de novembre à février, et grimpe à 29 à 31 °C de mars à mai, juste avant la mousson. Elle ne descend jamais sous 26 °C. Une combinaison n’a d’intérêt que pour les plongeurs qui enchaînent plusieurs immersions par jour.
Quels sont les dangers à éviter en mer d’Andaman ?
- Surveille l’état de la mer pendant la mousson : les traversées s’annulent au dernier moment, et embarquer sur un speedboat par grosse houle est le vrai risque de la région.
- Renseigne-toi sur les méduses-boîtes avant de te baigner : des cas ont été signalés à Krabi, Koh Lanta et Phi Phi, surtout pendant la mousson quand vents et courants les rapprochent du rivage. Respecte les panneaux et les filets de protection quand il y en a.
- Ne surestime pas ton niveau de plongée : plusieurs sites des Similan et de Surin sont exposés à des courants forts et ne conviennent pas à un Open Water fraîchement obtenu.
As-tu déjà navigué en mer d’Andaman ? Quelle île t’a laissé le meilleur souvenir, ou au contraire, t’a semblé trop altérée par le tourisme ?

