Pitons calcaires de la baie d'Along au Vietnam

Voyage au Vietnam : tout ce qu’il faut savoir avant de partir

Pourquoi choisir le Vietnam ?

Tu prépares un voyage en Asie du Sud-Est et tu hésites sur la destination. Le Vietnam n’est pas une destination qui s’improvise de la même manière que la Malaisie ou Bali. C’est un pays tout en longueur : 1650 kilomètres du nord au sud. Si tu cherches des vacances pour rester posé sur une plage pendant deux semaines, ce n’est probablement pas le bon choix. Le Vietnam est une destination de mouvement, d’itinérance et de contrastes.

L’organisation y est centrale. Entre les distances à rallonge, les climats qui s’opposent selon les régions et la densité du trafic dans les grandes villes, un voyage au Vietnam demande de la préparation. C’est un pays réputé pour sa culture de la rue très marquée, sa gastronomie accessible à chaque coin de rue et son histoire dense. En revanche, le trafic urbain est chaotique et les sollicitations touristiques peuvent y être intenses dans les zones très fréquentées.

Quand partir au Vietnam : le casse-tête de la météo

C’est la difficulté majeure de cette destination. Il n’y a pas de « bonne » saison pour visiter tout le Vietnam en même temps. Le pays est traversé par trois zones climatiques distinctes. Quand il fait grand soleil au sud, il peut faire 10 degrés sous une pluie fine dans le nord.

Région Meilleure période Période à éviter
Nord (Hanoï, Baie d’Halong) Octobre à décembre, mars à mai Juillet et août (fortes pluies, risques de typhons), janvier (froid et brumeux)
Centre (Hué, Hoi An) Février à mai Septembre à novembre (mousson très forte, risques d’inondations)
Sud (Ho Chi Minh, Delta du Mékong) Décembre à avril (saison sèche) Juin à septembre (mousson, bien que les pluies soient souvent courtes)

Si tu prévois de traverser le pays du nord au sud, les mois de mars, avril, ou les mois d’octobre et novembre sont souvent cités comme les meilleurs compromis climatiques.

Que voir et que faire : les étapes majeures

Voici les grandes étapes qui structurent généralement un premier voyage, du nord au sud.

Hanoï : le chaos organisé

La capitale est située dans le nord. Les retours de voyageurs décrivent une ville bouillonnante, où le trafic des scooters dicte sa loi. C’est ici que se concentre une grande partie de la culture de la street food vietnamienne. Le vieux quartier (Old Quarter) est l’épicentre touristique. Compte deux jours pour t’acclimater et faire le tour des points d’intérêt principaux avant de partir vers les montagnes ou la côte.

La Baie d’Halong (et ses alternatives)

C’est le site le plus connu du pays. Mais attention : la baie d’Halong classique a la réputation d’être saturée de bateaux de croisière et de souffrir de problèmes de pollution. Si tu cherches une expérience moins usine à touristes, regarde du côté de la baie de Lan Ha ou de la baie de Bai Tu Long. Les paysages karstiques sont les mêmes, mais le trafic maritime y est nettement moins dense. Les départs pour Lan Ha se font généralement depuis l’île de Cat Ba.

Hué : la cité impériale

Ancienne capitale impériale, Hué est une étape historique située dans le centre du pays. Le site principal est la Citadelle, gravement endommagée pendant la guerre du Vietnam mais en grande partie restaurée. C’est une ville réputée plus calme que Hanoï ou Ho Chi Minh. Une journée pleine sur place suffit généralement pour visiter la Citadelle et quelques tombeaux impériaux le long de la rivière des Parfums.

Hoi An : la ville des lanternes

À quelques heures de route au sud de Hué, Hoi An est souvent présentée comme l’étape la plus esthétique du pays grâce à son architecture préservée. Revers de la médaille : la vieille ville est prise d’assaut par le tourisme de masse. L’accès au centre historique est payant (un système de ticket est en place pour accéder aux vieux ponts et temples). Pour éviter la foule des bus touristiques, il est conseillé de s’y promener très tôt le matin, avant 8h.

Ho Chi Minh-Ville (Saigon)

Le poumon économique du sud. Plus moderne, plus occidentalisée et plus verticale que Hanoï. C’est une étape urbaine majeure, souvent utilisée comme camp de base pour explorer les vestiges de la guerre (tunnels de Cu Chi) ou pour descendre vers le sud. Les distances intra-muros sont grandes, l’utilisation de taxis ou d’applications de VTC y est indispensable.

Le Delta du Mékong

Tout au sud, c’est la région des bras de fleuve et de l’agriculture intensive. La zone est célèbre pour ses marchés flottants (comme celui de Cai Rang). Attention cependant : avec le développement des infrastructures routières, beaucoup de ces marchés flottants ont perdu de leur ampleur commerciale historique pour devenir des attractions principalement tournées vers les touristes. Renseigne-toi bien sur les excursions proposées pour éviter le circuit attrape-touristes classique.

Combien de temps rester et idées d’itinéraires

Ne fais pas l’erreur de vouloir tout caser en dix jours. Les temps de transport sont longs, même pour de courtes distances sur la carte. Les vitesses moyennes sur les routes vietnamiennes dépassent rarement les 50 km/h.

  • Si tu as 10 à 12 jours : Choisis une seule grande région. Soit le Nord (Hanoï, Halong, et les montagnes comme Sapa ou Ha Giang), soit le Sud et le Centre. Vouloir faire Nord + Sud en moins de deux semaines implique de prendre plusieurs vols internes et de passer tes vacances dans les aéroports.
  • Si tu as 15 jours : Tu peux combiner deux régions. Par exemple, atterrir à Hanoï, faire le Nord, prendre un vol interne vers Da Nang pour faire le Centre (Hué/Hoi An), et repartir de là.
  • Si tu as 3 semaines ou plus : C’est la durée minimale recommandée pour la grande traversée classique du nord au sud (ou inversement), de Hanoï à Ho Chi Minh-Ville, en intégrant des trajets en train de nuit ou en bus couchette.

Quel budget pour un voyage au Vietnam ?

Le Vietnam reste une destination très accessible, mais les prix ont augmenté ces dernières années, notamment dans l’hôtellerie de milieu de gamme et sur les sites très touristiques. Les montants ci-dessous sont des fourchettes prudentes (estimations basées sur des tarifs constatés en 2023/2024).

  • Hébergement : En auberge de jeunesse (dortoir), compte entre 5 et 10 € la nuit. Pour une chambre double privative dans un petit hôtel standard avec climatisation, compte entre 15 et 30 €. Les hôtels très confortables ou de style boutique démarrent souvent autour de 50 à 70 € la nuit.
  • Nourriture : C’est le poste où tu peux faire le plus d’économies. Manger dans la rue (street food) ou dans de petits bouis-bouis locaux te coûtera entre 1,50 et 3 € par repas (un pho ou un banh mi). Dans un restaurant touristique standard, prévois plutôt 6 à 12 € pour un plat et une boisson.
  • Transport interne : Les trajets en bus couchette (sleeper buses) coûtent en moyenne entre 10 et 20 € selon la distance. Un train de nuit (cabine 4 couchettes) entre Hanoï et Hué tournera autour de 35 à 50 €. Les vols internes low-cost (comme Vietjet Air) peuvent se trouver entre 30 et 60 €, mais attention aux frais de bagages en soute qui font grimper la note.
  • Activités : C’est ce qui plombe vite un budget. La croisière dans la baie d’Halong ou de Lan Ha est le gros ticket du voyage. Une croisière de 2 jours / 1 nuit sur un bateau correct coûte entre 120 et 180 € par personne minimum.

En moyenne, un voyageur sac à dos (backpacker) peut s’en sortir avec 25 à 35 € par jour. Un voyageur cherchant plus de confort (chambre privée, un vol interne, restaurants classiques) devra plutôt budgéter entre 55 et 80 € par jour et par personne.

Informations pratiques et logistique pure

Voici les éléments logistiques qu’il faut avoir en tête avant de réserver tes billets.

Visa et formalités d’entrée

Les règles de visa au Vietnam changent très régulièrement. À l’heure actuelle (et depuis fin 2023), les ressortissants français bénéficient d’une exemption de visa pour les séjours de moins de 45 jours. Pour un séjour plus long (jusqu’à 90 jours), il faut demander un e-visa en ligne.

Règle d’or : Vérifie toujours les conditions actuelles sur le site de l’ambassade ou sur France Diplomatie avant ton départ. Si tu dois faire un e-visa, passe EXCLUSIVEMENT par le portail officiel du gouvernement vietnamien (qui se termine par .gov.vn). Fuis les sites d’agences privées qui facturent des frais de dossier exorbitants pour faire la même chose.

Argent et paiements

La monnaie est le Dong vietnamien (VND). Les montants brassent des milliers : 1 euro vaut environ 26 000 à 27 000 dongs. Le paiement en espèces reste la norme absolue pour la rue, les petits commerces et les transports locaux.

Attention aux arnaques liées aux billets : le billet de 500 000 VND et celui de 20 000 VND sont tous les deux bleus et se ressemblent dans la précipitation. Prends le temps de vérifier ce que tu donnes et ce qu’on te rend. Les distributeurs automatiques (ATM) prennent presque tous des frais fixes par retrait (souvent entre 1,5 et 3 €), en plus des frais de ta propre banque.

Transports locaux et applications

Pour te déplacer en ville, télécharge l’application Grab (l’équivalent d’Uber en Asie). Elle fonctionne parfaitement à Hanoï, Ho Chi Minh, Da Nang et dans les grands centres. C’est le meilleur moyen d’éviter les arnaques des faux taxis au compteur trafiqué. Si tu dois prendre un taxi classique, les compagnies Vinasun et Mai Linh ont la réputation d’être les plus fiables.

Pour les trajets interurbains, le train est une bonne alternative au bus, souvent plus sûre même si elle n’est pas forcément plus rapide. Les billets peuvent se réserver sur le site officiel des chemins de fer vietnamiens (dsvn.vn) ou via des plateformes d’agrégation fiables comme 12Go Asia ou Baolau.

Santé et sécurité

Le Vietnam est un pays sûr en termes de criminalité violente. Le risque principal pour les voyageurs concerne les accidents de la route (notamment en scooter). Si tu loues un deux-roues, le port du casque est obligatoire, et il faut posséder le permis international coché de la case A (moto) pour être couvert par ton assurance en cas de problème.

Côté santé, protège-toi des moustiques (répulsifs tropicaux) car la dengue est présente, surtout en période de mousson. L’eau du robinet n’est pas potable : prévois une gourde filtrante ou achète de l’eau en bouteille capsulée.