Lovina (Bali) vaut-elle le détour ? Notre avis et la vérité sur les dauphins

Située sur la côte nord de Bali, Lovina offre un visage radicalement différent de l’effervescence du sud de l’île. Ici, pas de grands beach clubs ni de spots de surf bondés, mais une atmosphère paisible et de longues plages de sable noir volcanique.

Si la station balnéaire s’est fait connaître pour ses excursions matinales d’observation des dauphins, cette activité soulève aujourd’hui de sérieuses questions éthiques qui divisent les voyageurs.

Ce guide t’explique ce qu’il faut vraiment attendre de Lovina, comment organiser ta venue, et pourquoi la ville reste un excellent camp de base stratégique pour explorer les merveilles naturelles du nord de Bali.

L’ambiance de Lovina : le calme de la côte nord

Coucher de soleil orangé sur la mer depuis la côte nord de Bali
Sur la côte nord, le soleil se couche face à la mer et le sable est noir, d’origine volcanique. Rien à voir avec les plages blanches du Bukit.

Lovina n’est pas une seule ville, mais un regroupement de plusieurs petits villages côtiers comme Kalibukbuk ou Anturan. L’ambiance y est résolument tournée vers le tourisme lent. C’est une destination très prisée pour se reposer après une traversée de Java ou pour échapper à la densité touristique du sud de Bali.

Les plages sont de sable noir volcanique et la mer y est particulièrement calme. Cela en fait un endroit très sûr pour la baignade, bien que l’attrait visuel soit différent des plages de sable blanc de la péninsule de Bukit. C’est également un excellent endroit pour admirer des couchers de soleil aux couleurs intenses, sans la foule qui s’agglutine au coucher du soleil devant le temple de Tanah Lot.

L’excursion aux dauphins : le gros point noir de la destination

Bateau de touristes en gilets de sauvetage et dauphin remontant à la surface au large de Lovina
La photo que tout le monde espère ramener. Dans les faits, les jukung se déplacent en meute et poursuivent les groupes de dauphins pour offrir ce cliché aux passagers.

L’activité phare vendue partout à Lovina est la sortie en bateau traditionnel (jukung) au lever du soleil pour aller observer les bancs de dauphins au large. Sur le papier, l’expérience semble magique. La réalité sur place est souvent très différente.

Face à l’afflux touristique, cette activité s’est transformée en une véritable traque. Des dizaines de bateaux à moteur encerclent et poursuivent les animaux dès leur apparition à la surface, ce qui génère un stress important pour la faune marine. De nombreux voyageurs en reviennent déçus et mal à l’aise face à ce spectacle peu éthique. Le gouvernement de Buleleng a pourtant fixé des règles en 2023 : distance minimale de 25 mètres, moteur coupé à proximité d’un groupe, interdiction de couper leur trajectoire. Leur application sur le terrain reste très inégale. Avant de réserver, demande explicitement à l’opérateur s’il respecte ces trois points, privilégie un petit bateau privé plutôt qu’une sortie de groupe, et pars un peu plus tard (vers 7h30) pour éviter le pic de fréquentation.

Côté budget, la sortie en bateau partagé démarre autour de 100 000 IDR par personne (environ 5 euros), départ à 6h pour deux heures de mer. Un bateau privé se négocie entre 400 000 et 500 000 IDR jusqu’à trois personnes (tarifs relevés en août 2026). Ce tarif dérisoire explique d’ailleurs une bonne partie du problème : à 100 000 IDR la place, il faut remplir les bateaux et enchaîner les rotations pour que la matinée soit rentable, et trente jukung se retrouvent sur la même zone à la même heure.

Quand venir sur la côte nord ?

La saison sèche court d’avril à septembre, avec juillet et août comme mois les plus secs (environ 50 mm de pluie mensuelle). Janvier est le plus arrosé, autour de 375 mm, mais on y a plutôt des averses courtes que des journées entières sous l’eau. Les températures bougent peu sur l’année, entre 27 et 32 °C en journée, et la mer reste autour de 28 °C, ce qui rend le snorkeling praticable toute l’année. Si tu peux choisir, mai, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre météo sèche et fréquentation raisonnable.

Que faire autour de Lovina ? (Un camp de base idéal)

Si l’activité des dauphins est évitable, Lovina reste le point de chute parfait pour rayonner dans tout le nord de Bali, une région riche en sites exceptionnels et beaucoup moins fréquentés que le reste de l’île.

Les sources d’eau chaude de Banjar (Air Panas)

Situées à une courte distance de Lovina, ces sources thermales sacrées sont nichées dans un écrin de verdure. L’eau soufrée, d’une chaleur agréable, est réputée pour ses vertus curatives. C’est un endroit idéal pour se détendre. Le site ouvre de 8h30 à 17h30 et l’entrée coûte 45 000 IDR pour un visiteur étranger, vestiaires et douches compris (tarif relevé en août 2026). La plupart des visiteurs recommandent d’y être dès l’ouverture, avant l’arrivée des groupes.

Le temple bouddhiste Brahma Vihara Arama

Non loin des sources de Banjar se trouve ce temple unique, l’un des rares édifices bouddhistes de l’île, Bali étant majoritairement hindouiste. Le site, construit à flanc de colline, abrite une superbe réplique miniature du célèbre temple de Borobudur à Java et offre un panorama dégagé sur la côte nord.

L’exploration des grandes cascades du nord

Cascade en rideaux d'eau sur une paroi couverte de végétation tropicale au nord de Bali
À Sekumpul, l’accès au pied des chutes passe obligatoirement par un guide de la coopérative locale : 20 000 IDR pour le point de vue, 150 000 ou 250 000 IDR selon le trek.

Le nord de Bali abrite les chutes d’eau les plus spectaculaires de l’île. Depuis Lovina, tu peux facilement organiser une excursion vers la cascade de Gitgit, très accessible. Tu peux aussi t’aventurer vers les impressionnantes chutes de Sekumpul. La marche d’approche dans la jungle est physique, mais le décor est grandiose. Attention, l’accès à Sekumpul est désormais strictement encadré par des coopératives locales. Un guide local est obligatoire pour descendre au pied des cascades. Le billet se prend au guichet officiel, près du panneau « Welcome to Sekumpul » : 20 000 IDR pour le simple point de vue, 150 000 IDR pour le trek court et 250 000 IDR pour le trek long, guide et assurance inclus. Méfie-toi des rabatteurs qui encaissent avant ce guichet.

Snorkeling et plongée à Menjangan ou Pemuteran

Récif corallien coloré et bancs de poissons tropicaux vus en snorkeling
Les meilleurs fonds ne sont pas devant Lovina mais à Menjangan, dans le parc national de Bali occidental, à environ deux heures de route vers l’ouest.

Pour les amateurs de fonds marins, Lovina est le point de départ idéal pour se rendre plus à l’ouest. L’île de Menjangan, située dans un parc national, offre l’un des meilleurs spots de snorkeling de Bali avec une visibilité exceptionnelle. La bourgade de Pemuteran vaut aussi le détour pour observer son projet de restauration corallienne Biorock.

Prévois le budget : l’entrée du parc national de Bali occidental coûte 200 000 IDR en semaine et 300 000 IDR le week-end et les jours fériés, à quoi s’ajoute la sortie elle-même, de 650 000 IDR par personne en bateau partagé à plus de 2 000 000 IDR pour une formule privée à la journée (tarifs relevés en août 2026). Fais préciser ce que couvre le prix annoncé : l’entrée du parc et la location du matériel n’y sont pas toujours incluses.

Comment aller à Lovina et s’y déplacer ?

Lovina est située à l’extrême nord de Bali, de l’autre côté de la chaîne volcanique. Le trajet depuis l’aéroport de Denpasar ou le sud de l’île (Seminyak, Canggu, Ubud) demande de la patience sur une route souvent sinueuse. Compte entre 3h30 et 4h30 de route selon la circulation. Le trafic s’est densifié autour de Bedugul et Singaraja, rendant les trajets souvent plus longs que prévu par les applications GPS. Si tu remontes depuis l’est de l’île, l’autre option est de passer par Kintamani et d’enchaîner avec l’ascension du mont Batur au lever du soleil avant de redescendre sur Singaraja.

Avant de prendre la route, note que depuis 2024, tous les voyageurs entrant à Bali doivent payer une taxe touristique obligatoire de 150 000 IDR (environ 7,30 euros au taux d’août 2026). Ce règlement doit idéalement être fait en ligne via l’application officielle Love Bali. Le montant n’a pas bougé depuis le lancement de la taxe le 14 février 2024. Une hausse à 300 000 IDR est discutée au niveau provincial, sans calendrier d’application à ce jour : vérifie le tarif en vigueur avant ton départ.

Moyen de transportIdéal pourAvantages et inconvénients
Voiture avec chauffeur privéLes familles et le confortPermet des arrêts en route aux rizières de Jatiluwih ou au temple Ulun Danu Bratan. Attention, en saison sèche, le niveau du lac Bratan baisse et le temple ne semble plus flotter sur l’eau. Compte 600 000 à 850 000 IDR la journée de 8 à 12 heures, essence et parking inclus (tarifs relevés en août 2026). Plus coûteux mais très pratique.
Navettes touristiquesLes voyageurs solo et petits budgetsPerama dessert toujours Lovina, mais par une seule ligne quotidienne Kuta-Sanur-Ubud-Bedugul-Munduk-Lovina, dont les horaires ne sont pas publiés en ligne. Vérifie les départs via une plateforme comme 12Go Asia ou directement auprès de l’opérateur, ou opte pour un transfert privé.
Location de scooterLes baroudeurs expérimentésOffre une liberté totale, pour 60 000 à 100 000 IDR par jour sur un 110cc type Scoopy ou BeAT, et 100 000 à 200 000 IDR sur un 125-155cc type Vario ou NMAX (tarifs relevés en août 2026). Cependant, la conduite d’un scooter nécessite légalement un Permis de Conduire International (PCI) avec le permis moto national de catégorie A. Les contrôles de police sont très fréquents sur cette route de montagne.

Une fois installé à Lovina, la location d’un scooter à la journée reste la meilleure option pour visiter les environs à ton rythme, à condition d’avoir tes papiers en règle. Pour les trajets courts ou si tu ne conduis pas, oublie les bemos traditionnels (minibus publics). Leur réseau est en voie de disparition et devient extrêmement difficile à utiliser. Préfère l’utilisation d’applications de VTC comme Grab ou Gojek selon les disponibilités locales, ou négocie directement avec un chauffeur du coin.

Où dormir à Lovina ?

L’offre est vaste, des guesthouses familiales très abordables aux hôtels de charme à l’architecture balinaise, souvent avec piscine et accès direct à la plage de sable noir. Le vrai arbitrage se joue moins sur la catégorie que sur le village, parce que Lovina est un chapelet de bourgs et qu’ils n’offrent pas du tout la même chose.

  • Kalibukbuk : le centre névralgique. C’est là que se concentrent les restaurants, les bars et les agences. À privilégier si tu veux pouvoir dîner à pied le soir et réserver tes excursions sur place.
  • Anturan : plus calme, encore tourné vers la pêche, avec des jukung tirés sur le sable devant les hébergements. Le bon choix si tu cherches le silence et une ambiance de village.
  • Temukus : à l’ouest, le plus économique et le plus tranquille, mais tu dépendras d’un scooter ou d’un chauffeur pour tout déplacement.

Dans les trois cas, vérifie la distance réelle à la plage sur une carte plutôt que sur la description de l’annonce : « accès plage » recouvre aussi bien vingt mètres de jardin qu’un croisement de route nationale à traverser.

Prolonger son visa depuis Lovina

Pour les voyageurs au long cours, Lovina dépend du bureau d’immigration de Singaraja, réputé plus calme et plus efficace que celui de Denpasar. Attention à une idée reçue tenace : depuis la circulaire d’immigration IMI-417.GR.01.01/2025, entrée en vigueur en juin 2025, toute prolongation de séjour impose un passage physique au bureau d’immigration pour la prise d’empreintes, la photo et un bref entretien. La demande se prépare en ligne, mais le rendez-vous sur place reste obligatoire, y compris pour une extension de Visa à l’Arrivée (VoA).

Notre verdict final : Lovina, on y va ou pas ?

Si ta définition des vacances parfaites se résume à du sable blanc fin, des vagues pour surfer et des soirées animées, Lovina n’est pas faite pour toi. De même, si ton unique motivation est l’observation des dauphins, l’expérience risque d’être entachée par des pratiques peu éthiques.

En revanche, si tu cherches à ralentir le rythme, à t’immerger dans la culture locale et que tu as besoin d’un point de chute confortable pour explorer les temples, les sources chaudes et les cascades grandioses du nord, alors Lovina mérite amplement qu’on y pose ses valises pour deux ou trois nuits.

Et toi, as-tu prévu de fuir l’agitation du sud pour explorer la côte nord de Bali ?

Tom
Tom

Tom, une des deux plumes de My Asian Trip. Prénom de plume : on préfère garder un peu d'anonymat, mais les voyages racontés ici, on les a vraiment faits. Je m'occupe du concret : itinéraires, transports, budgets, organisation. J'ai parcouru Bali et la Malaisie avec Caro. La Thaïlande est au programme.

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